Nous sommes les pécores de l’esclavagisme digital. Nous alimentons volontairement et gratuitement un réseau d’images et de textes dans l’espoir de créer du lien social. Dans le cas spécifique à l’artiste, chaque image peut être potentiellement le fruit d’un temps infini d’efforts, de sacrifice, de talent et de passion parfois coûteuse dans l’espoir de se faire remarquer et de recevoir quelques “likes”. Ceci constitue le premier strate d’esclaves de la digitalisation. Une fois cela admis, il reste le problème du référencement. Avant les réseaux sociaux, il fallait publier des contenus intéressants et les formater correctement pour qu’ils soient visibles dans les moteurs de recherche et enfin accessibles à d’éventuels interlocuteurs. Sur les réseaux sociaux, le contenu est considéré intéressant s’il remplit les critères de la tendance et une régularité quotidienne, à condition de ne pas titiller la censure et si bien sûr on en finance la diffusion. Par conséquent la publication est potentiellement bridée pour rentrer dans les critères de censure du réseau, et les followers ne les voient en définitive que si les artistes payent. Peut-on parler d’expression libre si l’autocensure s’impose? L’artiste dédie un temps énorme à travailler pour animer le flux de ses images, au profit du propriétaire de l’application qui se paie avec la publicité et désormais aussi pour les propriétaires des app d’intelligence artificielle. Les contenus des artistes servent de base pour les applications d’intelligence artificielle qui, moyennant un abonnement payant pour l’utilisateur, volent la valeur des images et contenus artistiques d’autres personnes. Je rappelle que ces oeuvres sont publiés pour toucher leur public, et non pas à fournir des idées à ceux qui en manquent par le biais des robots que l’on nomme avec vanité Intelligence artificielle. Les contenus textes et images sur internet produits par des artistes sont élaborés avec leur intelligence naturelle, et doivent être protégés. J’ai mon propre site web, et bien que je refuse qu’une IA utilise mes publications pour créer des contenus car cela viole mes droits d’auteurs, rien n’empêche le robot d’analyser les données que je place malgré moi à sa disposition. Il est possible de placer un court code de « disallow« dans le fichier robot.txt pour bloquer l’accès à chaque robot espion, un code à placer dans le fichier racine du website, mais est-ce vraiment efficace?
Article à consulter pour calibrer votre fichier robot.txt à placer sur le www via Filezilla: https://momenticmarketing.com/blog/ai-search-crawlers-bots

Cette image qui représente des modèles académiques illustre une idée qui m’est venue concernant le comportement des utilisateurs de robots d’IA générative. Les modèles académiques servent de banque de données d’idées et de plastique, d’esthétique, d’éthique, de philosophique, à l’apprentissage de l’art. Ils sont les témoins de la connaissance et constituent une bibliothèque de l’érudition plastique, ils sont les fondations de la pensée évolutive dans une forme conservatoire et didactique. Leur mission est de véhiculer à travers le temps des nutriments indispensables à la formation des jeunes. Contrairement à l’IA qui s’en sert pour produire du slop, les jeunes générations se renouvellent et reviennent consulter ces oeuvres dans l’espace tangible des académies. Pour cela il faut affronter une sélection, fournir des efforts énormes en quantité de travail d’étude, désirer cette connaissance et effectuer le parcours pour y accéder. Or une fois digitalisée et mis à disposition sur le web dans l’espoir d’en démocratiser l’accès, l’IA les prend et les noie dans un flot d’informations à vérité variable, les détourne au grès des mouvements de propagande.
Les publications des artistes contemporains sur le web alimentent malgré eux ces programmes qui ne respectent pas les droits des auteurs. L’IA rend le tout accessible sans effort à des exploitants d’idées qui, dépourvus de culture et de tempérament artistique, produisent des contenus eux mêmes dépourvus de sens pour satisfaire l’appétit insipide d’une société superficielle. L’esclavagisme digital ne fait que commencer.
Le débat est ouvert …
